Les elements de l’espace urbain

La mosquée :
C’est l’élément ordonnateur et structurant de la ville, imposant par son volume et sa position dominante. C’est le cœur de la cité, et son minaret occupe le point le plus haut.

L’habitation :
La structuration de l’espace d’habitation résulte de la mise en réseaux de cellules simples engendrant un espace central (le patio) « ammas an taddart », centre vital de la maison, auquel on accède par une chicane.

A partir de ce patio s’effectue la diffusion des espaces et la répartition des fonctions. A travers le trou central aménagé au plafond, circule la plus grande partie de l’air et pénètre l’éclairage.

Le rez de chaussée est composé d’une entrée en chicane, laquelle donne sur l’entrée du salon des hommes, ainsi que d’un espace central bordé de piliers , percé au plafond et qui permet d’accéder au tisefri ou le salon des femmes. Dans un coin de cet espace est aménagée la cuisine.

Des escaliers nous permettent d’accéder à l’étage structuré, ce dernier, de façon similaire à l’étage inférieur.

La place du marché et ruelles :
C’est le centre d’activité par excellence de la ville et le centre public. Lieu d’attraction, de transaction, de bruit, de rencontre, il se trouve délibérément rejeté à la périphérie de la ville.

A l’intérieur des villes, la circulation s’effectue par des ruelles, parfois partiellement couverte . Suivant le terrain, elles sont souvent tortueuses et de forte déclivité.
Architecturalement la ruelle n’est animée que par la forme et la couleur des murs sur lesquels jouent l’ombre et la lumière.

Les portes et enceinte :
Les cités sont protégées par des remparts ou des maisons remparts ainsi que par des tours de guet et de défense.

Les cimetières :
Les cimetières se trouvent hors des villes. Ils s’étendent sur des surfaces importantes et ceinturent pratiquement les villes. En plus des tombes chaque cimetière est doté au minimum d’une m’çala, assez vaste plate forme, légèrement surélevée ou surbaissée entourée d’un mur très bas tournée en direction de la qibla et où est est creusée une niche de mihrab. Parfois les cimetières sont dotés de petites mosquées, composées de petites salles de prière.

Les palmeraies :
Les palmeraies sont situées à proximité des villes. S’y trouvent de nombreux ouvrages hydrauliques, barrages d’absorption, galeries souterraines, puits, ruisseaux artificiels ou rigoles (seguia).

On y construit des maisons occupées en saison chaude, afin de profiter de la relative fraîcheur que dispense l’ombre des palmiers ainsi que l’abondance de l’eau.

Restauration des sites et monuments historiques :
La population du Mzab durant toute son histoire a jalousement pu sauvegarder les nombreux sites et monuments historiques dans leurs aspects authentiques par une conviction et un effort volontaire et collectif (touiza).

Durant ces dernières années, les monuments ont fait l’objet d’opérations de restauration, qui ont augmentées en nombre et en qualité d’intervention par les pouvoirs publiques.

L’OPVM (Office de protection et de promotion de la vallée du M’Zab), certaines associations ainsi que l’UNESCO ont chacun de son coté contribués à la sauvegarde des monuments historiques et se sont placés garants du respect architectural des nouvelles réalisations.

Cette même volonté a inspirée certains promoteurs locaux à concevoir et réaliser de nouvelles cités fidèles en leurs aspects urbanistiques et adaptés aux besoins du logement moderne, voir la cité Tafilelt et celle de Tinamirine à la périphérie de Beni Isguen.

L’artisanat du M’Zab :
le tapis est l’un des meilleurs moyens d’expression de la vallée du M’Zab. Par son design particulier, qui utilise une symbolique spécifique socioculturel et historique de la région.
Les éléments de cette symbolique représentent le peigne à laine, la faucille ,une petite table , une clef , une main, un chandelier, un bec d’oiseau, un scorpion, un serpent … entre autres nombreux motifs qui reconstituent , par un système de connotations, les scènes de la vie quotidienne.

De la lecture de cette symbolique se dégage toute la structure socio familiale locale, foncièrement patriarcale et au sein de laquelle la femme tient le rôle de dépositaire d’une culture qu’elle communique par le tissage de tapis et de vêtements.

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